Le rapport de la Cour des comptes met en lumière les effets négatifs de la réforme de l’intérim hospitalier, jugée dévoyée. Voici les points clés :

  • Mesures inefficaces et coûteuses :
    La réforme plafonne les rémunérations de l’intérim à environ 1.400 euros brut pour 24 heures, mais favorise l’usage de contrats « de type 2 » offrant plus de flexibilité et des salaires jusqu’à 120.000 euros par an, attirant ainsi des médecins au détriment du statut traditionnel, plafonné à 100.000 euros en fin de carrière.
  • Conséquences sur le système hospitalier :
    L’usage massif de ces contrats déstabilise les équipes, accroît les coûts (147 millions d’euros par an, voire 559 millions avec l’intérim déguisé) et alourdit la pénurie de personnel, avec des milliers de postes vacants et de départs de médecins.
  • Revendications du SNPHARE :
    Le Syndicat national de praticiens hospitaliers appelle à des actions concrètes pour redonner de l’attractivité aux carrières hospitalières, notamment :
    • La réintégration de quatre années d’ancienneté pour certains praticiens.
    • La revalorisation de la rémunération des gardes et heures supplémentaires.
    • Un juste décompte du temps de travail et une harmonisation à 39 heures par semaine.
  • Réponses institutionnelles :
    Le ministère de la Santé prévoit de restreindre les contrats de type 2, en les réservant aux médecins inscrits à l’Ordre depuis au moins cinq ans et aux spécialistes, avec des contrats d’une durée minimale de six mois. La Cour des comptes recommande également la mutualisation des ressources médicales au sein des groupes hospitaliers.

Ce rapport et les propositions du SNPHARE soulignent l’urgence d’une réforme en profondeur pour stabiliser le système hospitalier et améliorer l’attractivité du métier de médecin hospitalier.

6 501 € c’est le salaire net moyen mensuel, en 2022, des personnels médicaux (médecins, pharmaciens ou chirurgiens-dentistes) exerçant en établissements de santé et médico-sociaux publics. En tenant compte de l’inflation, ce dernier est en baisse de 1,5% par rapport à 2021, année qui avait enregistré une forte progression (+3,2 %), révèle la Drees.

Les personnels médicaux à l’hôpital et dans le médico-social publics (médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes) ont vu leur rémunération légèrement diminuer entre 2021 et 2022 (en euros constants), indique la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dans une étude* publiée en septembre dernier sur les salaires dans la fonction publique hospitalière.

Compte tenu de l’inflation, le salaire moyen de ces personnels a baissé de 1,5 % pour s’établir en moyenne à 6 501 euros net par mois. Un recul par rapport à 2021, année qui avait enregistré une forte progression (+3,2 %).

À titre indicatif, les 10 % des personnels médicaux les moins bien rémunérés perçoivent moins de 3 369 euros nets par mois en équivalent temps plein (EQTP). À l’opposé, les 10 % les mieux rémunérés gagnent plus de 9 633 euros.

Enfin, il convient de noter qu’à profil identique, les écarts salariaux entre les femmes et les hommes sont toujours une réalité dans le monde hospitalier : les femmes gagnent en moyenne 1,3 % de moins que les hommes parmi les agents fonctionnaires, 6 % de moins parmi les contractuels. Une disparité de revenus qui atteint même 13,5 % au sein des personnels médicaux…